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“Requiem pour un rêve”

février 9th, 2008

Sahitou, Azul, Salut !

“Fi khater hanifa ou nass Hocine Dey
Asma2 hkayti ya walid khouya
Ga3 qfazti ghaybouhali
wellitelhoum qdim ou klani ssdid ( rouille)
hay ou hahay 3la cheikh li qarani wakila n3awed laqraya m3ahoum men jdid
iliqli nreculi ou ndir nouveau permis, n3awed el code ou ndjawaz l’examen
ou nahkam l’autoroute ou n’roh ghir b3aqli, ou n3alag mouraya placa 80, C BON”
“Cheb Akil- tag ala men tag”

Lyoum on vous parle de vraie poésie, pas de “tag 3la men tag” ou chkil. C’est un poète qui nous a contacté, et la surprise est à la hauteur de ce très beau poème. Donc aujourd’hui pas de présentation d’artiste ( nous la ferons ultérieurement), place à la poèsie…
Le poème est très long mais ce n’est que du plaisir! ( donc cliquez pour lire la suite)

 

AUTEUR : NABIL ABABSA

REQUIEM POUR UN REVE

Et me voila

Comme chaque jour

Encore et toujours

Auprès de toi

Attiré vers néant

Avenant et prévenant

Survenant le moment court

De la vie d’un papillon

Me voila une fois encore

Debout tel une statue

Le regard vide

L’air abattu

Sur le palier d’un nouveau jour

Un peu plus vieux qu’hier

Un peu plus sage

Un peu plus mur

Le pas moins sur

Le dos fléchi par les années

Evant derrière les souvenirs

D’un autre temps qui fut mon age

Plus long le pas

Plus vite l’allure

Sommet moins haut

Chemin plus court

D’un aller simple sons retour

Rattrapé par le temps

Qui s’échappe du sablier

D’un passé vite oublié

Rattrapé par le remord

Sans couleur, sans décor

Par la rage qui rouge un cœur

Et lapide un bonheur

ie coups de rumeurs

et ie coups de qu’on dia-t-on ?

et me voila

Venu encore comme j’ai promis

Effacer le crime commis

En te quittent sans réfléchir

Offrir une chance à l’oiseau

Prêter mes lèvres au sourire

Ah si j’avais vingt ans de moins

J’aurais choisi une autre fin

J’aurais crée une autre image

J’aurais crie sur tous les toits

Qui que tu sois

Ou que tu sois

Reçois mon cœur en héritage

Me revoilà

L’air abattu

Tel une statue

Un peu plus vieux que l’autre fois

Sillons de l’age sur le visage

Profonds et durs

Cheveux blanchis

Couleur de neiges que j’ai franchies

Tant de saisons sans horizon

Pour des raisons et sans raison

Venu de loin, sueur au front

Sécher les larmes d’un enfant

Remplir de vie et de désir

Un cœur sans fond

M’asseoir le temps d’une devinette

Le temps d’une vie d’une allumette

Me reposer sur ce vieux mur

Plein d’initiales et de ratures

L’air hagard et fugitif

L’esprit fautif

Revivre hier aujourd’hui

Moment sauvage qui s’enfuit

D’entre mes mains comme une anguille

Et s’enfonce dans la nuit

D’un passé déjà lointain

Qui n’a pas eu de lendemain

Enfin me revoilà

Dulcinée d’un age farouche

Couleur d’épi qui se couche

Amour d’enfance adulé

Souvenir de gosse mutilé

A coups de larmes et soupirs

A coups de rêves inachevés

Qui se meurent sans rien dire

Sans personne à leur chevet

Sur le pavé

Me revoilà comme chaque saison

Un revenant de l’au-delà

Qui rend visite à sa maison

Ombre cassée du vieux passé

Qu’on ne peut plus effacer

Sans ravir au moment

Ses meilleurs sentiments

Qui s’accrochent à la vie

Et refusent l’oraison

Le figuier est toujours la

Ami, témoin et consolant

Un peu plus vieux qu’il y a vingt ans

Plus prés du sol

Tenant à bout de bras levé

Le nid d’un merle qui s’envole

Le même nid qu’il y à vingt ans

Il se souvient encore de moi

M’ouvre ses bras et me cajole

Me murmure quelques paroles

D’un cœur en larmes et fidèle

Qu’un veut traduit en décibels,

Deux initiales sur son tronc

Qu’enserre un cœur encore plus grand

Il se rappelle ces jours d’automne

Quand il offrait ses larges feuilles

Au petit garçon qui attendait

La brise alerte du printemps

Une larme à l’œil

Tendant l’oreille

Pour écouter

Le son de cloche

Et le pas gauche

D’une petite fille

Amour d’une vie

Qui grandissait tout en secret

Et s’approchait encore plus prés

Pour s’éloigner à tout jamais

Il se rappelle de nos paroles

Quand tu riais

Quand tu criais

Quand tu prenais ton air jobard

En déliant ton rouge foulard

Il se rappelle de mon regard

Il se rappelle d’Emile Zola

Des fables sages de La Fontaine

Et des poèmes qui ne sont plus là

Que maintenant, le vent ramène

Des longs moments passés à lire

Des instants que l’on soutire

Au temps avare de souvenirs

Il se rappelle encore de toi

Petite fille aux fins doigts

Cheveux dorés couleur soleil

Pupille d’émeraude sortie de joie

Nez d’écureuil

Lèvres pincées au goût d’abeille

Je me rappelle aussi de toi

Comme si un jour, j’ai oublié

Angélique, arc en ciel

Rosée de rose, saveur de miel

Fleur de lotus

Beauté mythique, pourtant réelle,

Je me rappelle de ces ardeurs

De ces odeurs,

Du champ de fleures ou nous courûmes

Marqué de pas et d’enjambées

De ce futur qui se consume

Flamme de bougie mal enrobée

Je me rappelle aussi de nous

Duo de scène qui se démène

Entre espoir d’un lendemain

Et espérance qui ne ramène

A une croisée de chemin

Au premier rêve

D’un cœur figé, percé de glaives

Envoûté par une berceuse

Chuchotée en vieux latin

Pour un marin

Par une menthe religieuse

Déguisée en belle sirène

En marraine

En toile d’araignée

Pour attirer le pèlerin

Qui arpenter tous les chemins

A la recherche d’un demain

Je ne sais quoi dire

Je ne sais quoi faire

Si je suis la aujourd’hui

C’est pour mourir sur notre terre

C’est pour te lire ces quelques vers

Si je suis la après vingt ans

C’est pour finir un vieux roman

Si je suis la sur notre terre

C’est pour te plaire

Comme au vieux temps

Ou nous étions duo et paire

Si je suis la tout simplement

C’est pour me taire

Me revoilà après vingt ans

Tel un phénix qui renaît

De ces cendres et son sang

Un flamand rose battant des ailes

Voyageur éternel

Entre passé et présent

En quête de sa moitié jumelle

Le chemin fut long et désert

J’avais pour seuls compagnons

Tristesse et cœur solitaire

Souvenir et larmes d’outre temps

Et ………. a l’âme solitaire

Je ne sais quoi dire

Je ne sais quoi faire

Si ce n’est une chose

A chaque fois que je crois une rose

Ma vie se fige le temps d’une pause

D’une virgule, parenthèse ou guillemet

Ou d’une prose mal rimée

Une larme coule

D’autres s’écoulent

Tel un ruban qu’une main déroule

Dans un silence qui commence

Et jamais ne s’achève

J’entends la voix d’un joli rêve

Et ses paroles que je prononce

Oh soleil de mon enfance

J’attends toujours sous le figuier

Un nouveau jour qu’annonce l’aurore

Une ame sans corps

Tel un condor

Passant le seuil du champ de moi

Avec des si, avec des mains

Jetant l’envoi sur l’autre moi

Semer le doute, le désarroi

J’attends toujours un nouveau jour

Pour que s’envole et se libère

Les ailes plumées d’un rêve amer

Pour que revivre un autre hier

Un doux sourire au coin du feu

Et que s’échappent enfin les mots

Aveux d’amour honteux et sots

Qui ne vont jamais au delà de « je »

Me revoilà

Éternel présent

Prisonnier de mes vingt ans

Otage de pages volatiles

Qu’efface le vent

Et que la pluie mutile

Otage d’un temps qui disparaît

Pour n’être plus qu’un lourd fardeau

Sur un chemin plus vide que long

Parsemé de contes de fées

Qui se racontent à l’imparfait

Et aboutissent aux fins tragiques

De plaies profondes et fatidiques

D’un pas errant,

Qui recherchait depuis longtemps

L’ombre furtive d’un rêve magique

Je crois encore ta silhouette

Derrière la brume fade et maussade

J’écoute le chant de mon aubade

Et le refrain d’une sérénade

Jusqu’à ce jour inachevé

Je crois aussi derrière la brume

Ton doux visage qui me parfume

De ton odeur si ………………

L’encens d’une ame

Qui se dissipe en amalgame

Entre autrefois et maintenant

La lueur douce d’une océan

Qui se mêle et se confond

Au petit jour vagabond

Ame troubadour

Chant de tsigane

Et parodie qui tourne en rond

Je pleure aussi ce que je crois

Ce que je tiens entre mes doigts

Rien que mensonge et utopie

Qui ressuscite sans le vouloir

Dans la mémoire

Ombre gazelle

Reflet d’oiselle

Qui tous les soirs

Dépose les armes et s’assoupit

Dans une attente

Vaine et latente

D’un chevalier au cœur vaillant

Qui oublia en temps de guerre

L’ultime baiser d’un réveillon

J’ai peur aussi de ce que je suis

Le moi enfoui en moi qui fuis

L’image de glace dans un miroir

Et rien derrière qu’un long couloir

Menant d’ici jusque la bas

Sans haut ni bas

Rien que le noir

Qui ne mène nulle part

Rien qu’une port et pas de clé

Où se retiennent prisonniers

Les gémissements de toutes mes plaies

Me revoilà encore ici

Me revoici

Regard hagard et indécis

Je reste ici auprès de toi

Et je m’allonge à tes cotés

Tu tends les bras et me tutoies

Tu prends ma main comme autrefois

Tu mets ta tête sur mon épaule

Tu fermes les yeux

Tu fais un vœu

Je n’entends pas toutes tes paroles

Et je t’en veux

Tu voulais qu’on reste à deux

Pour toute une vie

Pour toute la vie

Et pourtant, tu es partie

Sans demander mon avis

Sans réfléchir aux conséquences

Et quand j’y pense

Je lance le pas et je renonce

Je dis qu’un jour tu vas finir

Par te lasser et revenir

Mais les années ont tant passé

Le sablier tant renversé

Et les soupires trop entassés

Ecrivent une lettre sur la vie

Que l’eau emporte à la dérive,

Combien de vagues se sont cassées sur le rivage

Ramenant les restes d’un naufrage

Combien de mots

Combien de page

Combien d’années et pas de réponse

Si je savais que tu partais

Je serais monté sur le clocher

Pour te crier sur tous les toits

Emmène moi avec toi

Ou accepte de rester,

Je n’avais pas à hésiter

Je mouillerais ton blanc mouchoir

Du petit matin au petit soir

Pour effacer un « au revoir »

Je n’ai qu’un cœur à t’offrir

Une maison comme les maisons

Une ame amène qui sait souffrir

Et un amour d’adolescent,

Je remplirai ta vie de rêves

Et le bonheur n’aura de trêve

Même quand tu me diras assez

J’escaladerai l’arbre de pin

Chaque lendemain

Pour te crier devant témoin

Ce que je n’ose dire en secret,

Ma vie passée n’existe pas

Tu n’y étais pas

Et le futur sera néant

Si tu n’es pas dans mon présent

Que de promesses je t’aurais fait

Que de promesses j’aurai tenu

Je t’aurai crée autant de fêtes

Qu’il y à de jours dans une vie

Que n’aurais-je fait pour que tu restes

Que n’aurais-je fais pour te garder

Rideau de jour qui s’abaisse

Etoiles qui naissent

Annoncent la fin

Racontez lui tout mon chagrin

Et dites lui que je l’attends

Depuis vingt ans

Sous le figuier notre témoin

Me revoilà sur notre terre

Assis par terre

La ou naguère

Tu t’assoyais sur mes genoux

Et tatouait nos initiales

Avec le bout de ta sandale

Sur cette boue

Qui porte encore nos traces de pas

Elle porte encore quelques séquelles

D’une phrase

D’un serment solennel

Ecrit de plume d’hirondelle

Que tes mots entre deux pas

« Ne me quitte pas »

Et pourtant tu es partie

Un jour d’hiver,

Tu m’as menti

Tu me disais qu’on ne faisait qu’un

Avec le figuier et le pin

Qu’on sera toujours l’histoire d’amour

Racontée au coin d’un feu

Dans les chaumières des paysans,

Qu’on sera une belle légende

Rue et relue pendant longtemps

A chaque naissance d’un enfant

Lorsqu’on ne sera plus de ce monde

Tu m’as menti

Et je t’en veux

Pétale beaucoup

Pétale un peu

On était deux

A partager un joli rêve

Qui se meurt

Entre syllabes courtes et brèves

Entre le printemps et l’hiver,

Et ce jour la, on était seuls

Pour un adieu trop éphémère,

Larme versée sur un vieux quai

Retard d’un jour

Départ manqué

Larme versée sur un linceul

Qui va mouiller le lit d’une tombe

Creusée au fond d’un cimetière

Sous le figuier de nos vingt ans

Sur une terre de chair et sang

Qui ressemble et nous ressent,

J’étais debout sans sentiments

Statue glacée, sans crie, sans nom,

Regard en deuil

Sur un cercueil

Visage ridé

Miroir vidé de tout reflet

Rien que le noir

Dans un couloir

Où se suicide un rêve lassé

Où se décide de se plier

Enfin une ame sans volonté

Où se consume à volonté

A petit feu

Tout à coté du sablier

Entre le mur et le figuier

Bougie de cire sans vérité

Me revoilà

Et te voila avec moi

Comme autrefois, il y à vingt ans

Comme maintenant

Et je déroule une pellicule

D’un sourire ridicule

Comme si le temps peut revenir

Et ce n’est plus peut devenir

Et tout à coup, je me souviens

De tout, de rien

De moi, de toi

D’une journée de liesse, de joie

Ou nous côtoient

La brume, le vent et l’hirondelle

Le champ de blé et le figuier

Le son de cloche

Et le pas gauche d’un écolier

La vaine attente

Lente et latente

Les regards d’admiration

Et les poèmes que nous aimions

Le soir et là

Le jour s’en va

Et moi aussi

Dernier regard

Ultime adieu

Dernier aveu

Si tu savais comme je m’en veux

D’avoir vécu en solitaire

Une vie conçue pour l’être à deux

Oui je m’en veux

Dépouille mortelle

Destin cruel

Poème funèbre

Aveu funeste et funéraire

Triste décor et fin macabre

Qui parle au nom de notre paire

Me donne la force de me soumettre

Et de me taire

Et m’évite une oraison

Que je répète chaque saison

Oui je m’en veux

D’être debout

De parcourir le champ de fleurs

Debout à bout

De recevoir sur mon visage

Les gouttes d’eau de mon nuage

Les rayons chauds de ton soleil

Les douces rafales de notre vent

Oui, je m’en veux d’être vivant

De m’investir dans ton néant

D’avoir un mort pour compagnon

Depuis vingt ans

D’être trahi, d’être déçu

D’être debout

D’être dessus

Et toi dessous

Une fleur se fane

Un rêve porté par une canne

Se décompose

En mille roses

Pétales qui volent au gré des vents

Paroles muettes d’une chanson

Acteur sans rôle

Qui batifole

Et lève les yeux vers l’horizon,

L’heure est venue de repartir

Vers l’avenir

Qui ne cessera de revenir,

Il se relève

Et d’un pas lourd

Tel un roulement de vieux tombeur

Tourne le dos au court chemin

Qui l’accompagne

Jusqu’au sommet de la montagne

La où toujours se meurt le jour

Et où renaît chaque matin

La légende d’un pèlerin

A la recherche d’un destin

Qui se termine chaque saison

Au fond d’une larme d’un garçon

Devant une tombe d’un rêve défunt

Sous le regard d’un témoin

Sourd et muet

Qui était là quand on était

Et qui est la quand tu n’es plus

Amie d’un temps révolu

Amour déçu et dévolu

Je me retire

Sans un mot à dire

Sans guillemets ni parenthèses

Sans trait d’union

Une ame sans fond

Un rêve qui gît depuis vingt ans

Et qui attend

Qu’une main dépose une paire de roses

Et lui récite une oraison

2 Responses to ““Requiem pour un rêve””

  1. Mia Says:

    Rien a voir avec le film du meme nom heh?

  2. Culture Dz Maana Says:

    Non rien à voir ! J’espere qu’il t’a plus autant que le film ( en supposant que le film t’a plu) .

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