Sahitou !
Lyoum c’est notre ami Annaris Arezki qui nous envoie un poème. On vous laisse le découvrir.
T’halaw.
Bonsoir mes amis,
Dans quelques jours, l’absence éternelle de TAHAR DJAOUT aura 15 ans d’âge. De ce fait, je vous dédie le poème que j’ai écrit en son hommage le lendemain de son enterrement.
Hommage à TAHAR DJAOUT.
· Mon cœur d’animal,
A l’écoute de mes viscères,
Battait sans cesse comme une machine.
Il alimentait mon encéphale,
Cet insignifiant fatras cellulaire,
Avide de la cuisine.
De connivence, ce cœur et cet encéphale,
Ont inventé mon désert,
Où point de mes repères ne se dessine.
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· Heureux dans ma méconnaissance,
Sans rien dire, je savais écouter,
Obéir, attendre et supplier.
Je répondais par des danses
A toutes les musiques qu’on me chantait,
Le tube digestif était mon oreiller.
Esclave de l’indifférence,
Je me contentais de toute propriété,
De la mienne étant exproprié.
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· Mon esprit d’analyse castré,
J’étais un eternel gosse,
Aux convictions dictées.
Je ne savais ni choisir ni préférer,
Je pouvais prendre la générosité de féroce
Et de généreuse la férocité,
Et je me disais : « Que peut l’histoire me procurer, pour chercher les os
Et perdre le couffin au profit de l’identité ? »
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· A l’école, j’ai appris les théorèmes
Que les autres ont inventés,
Et la conjugaison à la personne ILS.
Qu’importait le système,
Je savais m’adapter.
Tisser et dénouer les fils.
A quoi bon faire des poèmes
Et créer des technicités
Quand tout est assuré par les vigiles ?
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· Mon réveil est paradoxal,
Il s’est fait dans l’obscurité,
Après l’extinction des lumières.
C’est devant les cavités tombales
Des soleils qui éclairaient ma cité
Et qui convertissaient en printemps mes hivers,
Que mon cœur a interpellé mon encéphale
De s’armer de raison et de lucidité
Et d’être maitre ; au lieu d’esclave, des viscères.
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ANNARIS AREZKI
Merci de m’avoir lu
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