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L’Université

octobre 24th, 2008

Par ANNARIS AREZKI / AZEFFOUN

Bonsoir mes amis
Suite à l’assassinat de l’enseignant de l’université de Mostaganem, un acte plus que déplorable, je vous adresse mon opinion sur l’institution la plus déterminante de l’avenir et du devenir de toute nation : L’université.

UNIVERSITE : CERVEAU DU PEUPLE
L’université est l’institution qui mérite le plus de respect. Qui ne la respecte pas s’exclut du rang de l’humanité. Tout le monde bénéficie de ses bienfaits. De celui qui ignore son existence (les animaux compris) à celui qui la régit. Elle représente le système nerveux du peuple, dont les différentes branches du savoir sont des neurones et ceux qui y butinent (directement ou indirectement) sont des axones. Quelque soit le niveau de l’enseignement, l’université ne doit jamais être diabolisée, mais plutôt, si j’ose dire, être ‘ angélisée’. Son principe reste toujours fidèle à la cause de sa création. La raison de son existence est toujours parfaite même si ; parfois, elle accueille des imparfaits (la fleur n’est pas l’apanage des abeilles). Autant que la naissance est, généralement, l’issue de toute gestation, l’objectif de tout nouveau né humain doit être l’accès à l ‘université. Le savoir est aussi nécessaire, et même vital, que l’oxygène qu’on respire. Seulement quand on en manque, l’asphyxie n’est pas aussi subite. Elle arrive en retard, mais plus dramatique. L’individu devient un outil entre les mains d’une science sans foi. « Il faut tout un village pour élever un enfant », disait Hilary Clinton dans son ouvrage .Moi, je dirais, tout en allant dans le même sens, il faut toute une nation pour protéger le savoir .Un savoir humanisé . Qui permet à chacun de projeter ses besoins sur autrui et les douleurs d’autrui sur soi même. Un savoir qui contrecarre l’hégémonie au lieu de la soutenir. Le savoir est vaste. Plus vaste que la science. Cette dernière, malgré ses multiples composants, n’est qu’un élément de cet infini océan. Quelque soit le degré d’érudition de chacun de nous, il reste toujours infime. Seule la symbiose peut améliorer son taux, sans l’approcher du parfait qui s’éloigne, au fur et à mesure, qu’on avance vers lui. Autant que les axones qui relie les neurones dés qu’ils se mettent à fonctionner, le rayon du savoir augmente en longueur proportionnellement au taux de participation des êtres humains. Le taux d’exploitation du cerveau d’Albert Einstein, selon les recherches, est très infime. Qu’en serait –t- il, s’il l’avait exploité d’avantage ? Et qu’en serait –t- il, si toute l’humanité avait fait de même ? La surface du savoir dépasserait celle qui est la notre actuellement. Et elle demandera toujours un travail supplémentaire. Tout le monde aurait une occupation saine et positive. Mais, avouons le bien, nous sommes très peu nombreux à exploiter nos cerveaux. Nous sommes atteints de paresse intellectuelle. Nous consommons plus que nous produisons. Nous avons banalisé le savoir. L’état doit agir pour lui redonner la place qui lui revient. Tout le monde parle des produits de la science, mais ils sont peu nombreux ceux qui sont attirés par la science. Acquérir est un verbe très conjugué. Il ne s’agit pas de l’acquisition scientifique, mais de l’argent nécessaire à l’obtention des produits créés par la science. Avoir de l’argent. En avoir beaucoup, quelque soit la manière. L’argent, qu’on qualifiait de nerf de guerre, est devenu un somnifère. Il empêche la raison de chercher après le savoir et encourage le corps à ne rien rater de ce que le savoir a créé. Le boulanger est mauvais, son pain est bon. L’arbre n’est plus un objectif, on vise d’abord le fruit Le savoir est banalisé. L’élève n’est plus motivé. La durée des études est assimilée à une perte de temps. Autant qu’elle est considérée la période du service national. Autant on a quitté l’école plus tôt, autant on a la chance de réussir. Réussir c’est avoir les poches pleines, quitte à ne rien avoir dans la tête. L’état n’a pas assez fait pour distinguer entre celui qui réussit ses études et celui qui échoue. Au contraire la réalité du terrain montre l’inverse de la logique. Le parent n’a plus d’arguments pour convaincre son enfant à étudier. Fini le temps où le parent disait à son enfant : « étudie ou tu garderas les chèvres. » .Maintenant, même les universitaires en font autant. ! Un enfant , à qui on a demandé pourquoi il a quitté l’école pour vendre des cacahuètes et cigarettes dans les trottoirs , il a répondu : « A quoi sert de poursuivre les études alors que c’est moi qui donne l’argent de poche à mon grand frère , qui a terminé ses études d’ingénieur ? ». Une anecdote pleine de sens, autant que la réponse de l’enfant est pleine de philosophie qui peut servir de base à une étude. L’étude qui incombe aux gouvernants. Il est du devoir de l’état de trouver un moyen d’inciter ses gouvernés (enfants surtout) à placer le savoir au dessus de tout. Il doit créer une sorte d’allocation, proportionnelle à l’importance de son diplôme, à tout universitaire qui termine ses études, jusqu’à ce qu’il trouve du travail. Il est illogique qu’après une longue durée d’études, l’étudiant se retrouve dans le même chantier à faire le même travail (moindre importance même) que son camarade qui a déserté l’école, avant la fin du cycle primaire. C’est une insulte au savoir. Au lieu d’affecter les universitaires dans des postes ne nécessitant qu’un niveau élémentaire , n’est –t- il pas plus noble , plus respectueux et plus rentable de créer des ateliers de réflexion dans chaque wilaya , où se rencontreront des universitaires , avec leurs différentes spécialités .Ce qui leur permettrait d’échanger leurs connaissances , poser des problèmes et chercher des solutions en se servant des théories acquises , dans les diverses spécialités , à l’université. Des ateliers qui pourraient alimenter les écoles, les centres de recherches et même les entreprises, en idées. Une sorte de bureaux d’études pluridisciplinaires. Ainsi, l’universitaire se sentirait utile et respecté et ne disputerait pas la place qui revient à celui qui n’est doté d’aucune qualification. Il faut renverser l’état actuel des choses. Mettre l’argent au service du savoir au lieu du contraire. « Pour acquérir le savoir, ne cesse jamais de questionner même si on te qualifie d’idiot ». Disait un hadith. Et le qualificatif d’idiot qui propulse vers la connaissance est beaucoup plus préférable que celui d’érudit qui stabilise dans l’ignorance….

One Response to “L’Université”

  1. Culture Dz Maana Says:

    Un acte aussi horrible est à condamner sans hesitation.

    Cependant, je me questionne sur les raisons d’un tel acte. L’assassin présumé est connu pour être quelqu’un de calme et de sérieux. Au cours de ses deux premieres années il a été 2eme de sa promo. Et subitement, d’après les journaux, en 3ème année il est devenu nul ??!!!!! Apparemment c’est pour une histoire de 2 modules qu’il a raté et qui l’empechait de passer en Master ( tjs d’après les journaux). Or quelqu’un qui a été 2nd de sa promo peut difficilement louper deux modules…encore pire, il ne peut pas les louper 2 fois ( s’il y a eu rattrapages ).
    Moi ça me parait louche…
    Cette personne devait croire en l’université car 2nd de sa promo exige du travail. Il avait surement de l’espoir, il faisait parti de ces rares personnes qui croyaient encore en l’université. Mais malheureusement, la désillusion a été à la hauteur de ses espoirs.

    Tout le monde parle du niveau de l’université et des étudiants. Mais en réalité ce qui est à remettre en cause c’est le corps enseignant. C’est lui qui est le gardien de l’université, c’est lui qui donne le gout du savoir, de la connaissance, de la curiosité, voire la passion d’apprendre.
    Je pense que le disfonctionnement qu’il y a dans la société en générale, corruption, favoritisme, hogra, on le retrouve aussi à la fac. Et ce phénomène est accentué dans les wilayas de l’Ouest, puisque d’après les dire de certains amis, il n’est pas possible d’avoir un module “bla ma tqahoui le prof”.

    C’est triste d’en arriver là…

    Djamil

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